Le bénéfice se décrète en partie ; le cash, non. Le free cash flow (FCF) est l'argent qui reste réellement disponible après avoir payé le fonctionnement et les investissements nécessaires. C'est lui qui finance les dividendes, les rachats d'actions, les acquisitions et le remboursement de la dette.
Pourquoi le FCF est plus honnête que le bénéfice
Le bénéfice net intègre des éléments non monétaires (amortissements, provisions) et laisse de la marge d'appréciation aux comptables. Le cash encaissé, lui, est un fait. Beaucoup de fraudes comptables ont été détectées par un écart durable entre bénéfice affiché et cash généré.
Le signal d'alerte
Une entreprise qui affiche des bénéfices croissants mais un FCF négatif ou en baisse depuis plusieurs années mérite une enquête approfondie. Le cash finit toujours par dire la vérité.
Attention aux entreprises en forte croissance
Un FCF négatif n'est pas toujours mauvais : une entreprise jeune qui investit massivement pour croître peut légitimement brûler du cash. Ce qui compte, c'est la trajectoire et la raison. Brûler du cash pour construire un actif durable est un investissement ; le brûler pour compenser des pertes opérationnelles est un problème.
Le FCF yield
Un FCF yield de 6 % signifie que l'entreprise génère 6 € de cash disponible pour 100 € de valorisation.
Dans Earnnest
Le FCF et la qualité du cash (FCF rapporté au bénéfice net) entrent dans le score fondamental /10 de l'onglet Fondamentaux.
À retenir
- ✓Le FCF est le cash réellement disponible après investissements : le plus difficile à maquiller.
- ✓Un bénéfice qui monte sans cash qui suit est un signal d'alerte majeur.
- ✓Un FCF négatif se juge sur la raison et la trajectoire, pas sur le seul signe.